Créé par le décret n° 2007-296 du 5 mars 2007, le Parc national de La Réunion protège une grande partie des paysages d’altitude et des milieux naturels de l’île. Son périmètre concerne notamment les cirques de Mafate, Salazie et Cilaos, les remparts, les grandes pentes, les forêts de montagne et le massif du Piton de la Fournaise.
Le parc national ne correspond pas à un seul site fermé par une entrée et une billetterie. Il s’agit d’un territoire habité et parcouru, organisé en plusieurs espaces. Le cœur du parc bénéficie du niveau de protection le plus élevé. Autour de ce cœur, l’aire d’adhésion rassemble des communes qui choisissent de participer au projet de territoire défini par la charte du parc.
Cette distinction est essentielle pour préparer une sortie. Une même activité, comme le bivouac, la circulation avec un chien ou l’usage d’un drone, peut être soumise à des règles différentes selon le secteur concerné. Le bon réflexe consiste donc à identifier le lieu exact de la randonnée et à vérifier les consignes applicables avant le départ.
La protection ne concerne pas uniquement les paysages visibles depuis un belvédère. Le parc national préserve un ensemble de milieux, d’espèces et de traces de l’histoire de l’île.
Les Pitons, cirques et remparts de l’île de La Réunion sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2010. Cette reconnaissance porte sur la valeur naturelle et paysagère du bien, mais elle ne remplace pas les règles du parc national. Pour les visiteurs, la référence pratique reste la réglementation du parc, les arrêtés en vigueur et les consignes données pour chaque site.
Dans le cœur, les activités doivent rester compatibles avec la conservation des milieux. La réglementation peut encadrer ou interdire certaines pratiques, et plusieurs autorisations sont nécessaires pour des usages particuliers. Les travaux, les prises de vue professionnelles, certaines manifestations, les prélèvements ou les installations ne se traitent pas comme une simple visite de loisir.
L’aire d’adhésion comprend des espaces où vivent des habitants et où s’exercent des activités agricoles, touristiques et quotidiennes. La protection y repose notamment sur la charte du parc et sur les règles générales applicables dans les communes. Il ne faut donc pas déduire qu’une activité est autorisée ou interdite partout dans le parc à partir d’un seul exemple.
Pour une randonnée classique, la question la plus importante est de savoir si l’itinéraire traverse le cœur et quelles consignes particulières s’appliquent au sentier. Les fermetures liées aux éboulis, aux incendies, aux travaux, aux éruptions ou aux intempéries doivent être respectées, même si un passage paraît physiquement possible.
La randonnée est l’une des meilleures façons de découvrir les paysages protégés, à condition de limiter son impact. Les règles suivantes constituent une base de comportement dans le cœur du parc.
Ces principes s’appliquent aussi aux sorties courtes autour d’un point de vue. La facilité d’accès d’un site ne réduit pas sa fragilité.
Les animaux domestiques peuvent être soumis à des restrictions dans le cœur du parc. La présence d’un chien, même tenu en laisse, ne doit pas être considérée comme automatiquement autorisée sur tous les sentiers. Les chiens peuvent déranger la faune, transmettre des agents pathogènes et s’éloigner du chemin. Il faut vérifier la règle du secteur avant la sortie et respecter les exceptions prévues par la réglementation, notamment celles qui concernent les chiens d’assistance.
Les vélos, véhicules, engins motorisés et activités organisées sont également encadrés. Un itinéraire praticable à pied n’est pas nécessairement ouvert aux vélos ou à un autre mode de déplacement. Les manifestations sportives et les rassemblements peuvent nécessiter une autorisation lorsqu’ils se déroulent dans le cœur.
L’usage d’un drone ne se limite pas à la question de la sécurité aérienne. Le survol d’espaces protégés, le dérangement des animaux et la prise de vues peuvent relever de règles spécifiques. Avant de faire décoller un appareil, il faut donc vérifier à la fois la réglementation aérienne et celle du parc national. En l’absence d’autorisation claire, il est préférable de renoncer.
La pêche, la chasse, la collecte de plantes, la capture d’animaux et toute forme de prélèvement sont particulièrement sensibles. Les droits ou habitudes existant hors du cœur ne valent pas automatiquement dans un espace protégé.
Passer la nuit dans les Hauts demande une préparation spécifique. Le camping, qui implique généralement une installation durable ou organisée, ne doit pas être confondu avec le bivouac, installation légère et temporaire associée à une randonnée. Les possibilités varient selon les secteurs, les équipements existants et les décisions prises pour protéger les milieux.
Avant de partir, il faut vérifier :
Les feux sont une source de danger majeure dans un environnement soumis au vent, à la sécheresse et à des accès parfois difficiles pour les secours. Il ne faut pas allumer de feu, de barbecue ou de réchaud dans un secteur où l’usage est interdit. Même lorsqu’un équipement semble prévu à cet effet, les arrêtés temporaires liés au risque incendie peuvent modifier la règle. Un mégot ou une braise mal éteinte peut provoquer un départ de feu à distance du lieu de passage.
Le bivouac responsable consiste aussi à ne laisser aucune trace : pas de creusement, pas de déplacement de pierres, pas de savon dans les ravines, pas de nourriture abandonnée et pas de dégradation de la végétation pour installer la tente.
Les conditions de montagne changent rapidement à La Réunion. Une randonnée annoncée comme accessible peut devenir difficile sous la pluie, dans le brouillard, par vent fort ou après un éboulement. La consultation des conditions météorologiques et de l’état des sentiers fait partie de la préparation, au même titre que le choix des chaussures.
Pour une sortie dans le cœur du parc, prévoir au minimum :
Les ravines, falaises, tunnels de lave, bords de cratère et passages exposés ne doivent pas être abordés sans information précise. Une photographie ou un point de vue ne justifie jamais de franchir une barrière. En cas d’alerte volcanique, de cyclone, de fortes pluies ou de fermeture administrative, les consignes des autorités et du parc priment sur le programme prévu.
Le numéro d’urgence européen 112 peut être utilisé en cas de danger nécessitant des secours. Il faut pouvoir donner un itinéraire, un point de départ, un repère identifiable et le nombre de personnes concernées.
Une sortie bien préparée réduit les infractions involontaires et les risques inutiles. La méthode suivante convient aussi bien à une famille qu’à un groupe de randonneurs expérimentés.
Les informations réglementaires doivent être recherchées auprès du Parc national de La Réunion, des autorités compétentes et des gestionnaires des itinéraires concernés. Le décret de création du parc, la charte et les arrêtés en vigueur constituent les références à privilégier lorsqu’une situation particulière se présente.
Le Parc national de La Réunion protège à la fois des reliefs volcaniques, des forêts, des espèces, des milieux d’altitude et un patrimoine culturel. Sa vocation n’est pas d’interdire toute activité, mais d’organiser les usages afin que la randonnée, l’observation et la découverte restent compatibles avec la conservation du territoire.
Les bons réflexes sont simples : rester sur les itinéraires autorisés, ne rien prélever, ne pas nourrir les animaux, rapporter ses déchets, respecter les fermetures, vérifier les règles concernant les chiens et les drones, et ne jamais improviser un feu ou une nuitée. La règle pertinente dépend toujours du secteur et de la date de la sortie.
Cette vigilance permet de profiter des paysages de La Réunion sans transformer les lieux les plus fragiles en espaces de consommation rapide. Dans un parc national, la qualité d’une sortie se mesure aussi à la discrétion de son passage.
Non. Les déplacements doivent suivre les sentiers, pistes ou itinéraires autorisés. Certains secteurs sont fermés temporairement ou définitivement pour des raisons de sécurité, de travaux ou de protection des milieux. Une fermeture doit être respectée même si le chemin semble accessible.
La présence des chiens est encadrée dans le cœur du parc et peut être interdite dans certains secteurs. Il faut vérifier la règle applicable à l’itinéraire avant le départ. Les chiens d’assistance relèvent de dispositions particulières.
Le bivouac n’est pas librement possible partout. Selon le secteur, la nuitée peut être limitée à une aire désignée, soumise à réservation ou interdite temporairement. Il faut consulter les consignes du parc et l’état des équipements avant de partir.
Il ne faut pas prélever de roche, de plante, de graine, de bois ou tout autre élément naturel dans un espace protégé sans autorisation. Les prélèvements peuvent porter atteinte aux milieux et relever d’une réglementation spécifique.
Un drone peut être soumis à la réglementation aérienne et à des restrictions propres aux espaces protégés. Le survol, le décollage et la prise de vues ne doivent pas être improvisés. En cas de doute, il faut rechercher une autorisation explicite avant le vol.